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Ni no Kuni : La Colère de la Sorcière Céleste (2011)
Sorti initialement en 2011 sur PlayStation 3 (et plus tard sur d’autres plateformes), Ni no Kuni: Wrath of the White Witch est le premier opus de la série développée par Level-5, en collaboration directe avec le Studio Ghibli.
Ce jeu est une œuvre singulière dans l’histoire du jeu vidéo : il fusionne la narration d’un conte animé et la profondeur d’un RPG japonais classique, le tout soutenu par la musique magistrale de Joe Hisaishi.
Histoire et Univers
Le joueur incarne Oliver, un jeune garçon vivant dans la tranquille ville de Motorville. Après la mort tragique de sa mère, Oliver découvre qu’il existe un monde parallèle où chaque être possède un double spirituel. Ce monde, empli de magie et de créatures fantastiques, est menacé par un sombre sorcier nommé Shadar, qui brise les cœurs et sème la désolation.
Guidé par Drippy, un farfadet farceur venu de cet autre monde, Oliver entreprend un voyage pour affronter Shadar et, peut-être, retrouver une part de sa mère dans ce royaume parallèle.
C’est une aventure profondément émotive : derrière les sorts et les créatures, il s’agit avant tout d’une quête de deuil, d’amour et de courage. La magie du jeu réside dans cette double lecture — entre conte féerique et drame humain.
Gameplay et Esthétiques
Le jeu combine :
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un système de combat semi-temps réel fondé sur l’utilisation de Familiers, des créatures magiques que l’on capture, élève et fait combattre (rappelant Pokémon, mais avec une approche plus narrative) ;
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des phases d’exploration ouvertes dans un monde magnifiquement dessiné, inspiré des paysages des films Ghibli ;
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une progression magique et émotionnelle, où chaque sort et chaque rencontre renforcent la dimension poétique du récit.
Mais ce qui distingue surtout Ni no Kuni, c’est son univers visuel et sonore, qui évoque sans cesse les grandes œuvres de Hayao Miyazaki.
Et c’est là qu’intervient Joe Hisaishi.

Le rôle de Joe Hisaishi dans Ni no Kuni (2011)
Joe Hisaishi, compositeur emblématique du Studio Ghibli (Le Voyage de Chihiro, Princesse Mononoké, Mon Voisin Totoro…), signe ici la bande originale complète du jeu.
C’est lui qui insuffle à Ni no Kuni cette aura de magie, de tendresse et de grandeur lyrique qui rappelle les plus beaux films d’animation japonais.
Son rôle précis :
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Il a composé l’intégralité de la bande-son, enregistrée avec le Tokyo Philharmonic Orchestra.
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Chaque morceau — du thème principal “Ni no Kuni Main Theme” aux musiques de villes et de batailles — traduit une émotion pure : l’émerveillement de la découverte, la tristesse de la perte, la tension de l’affrontement.
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Hisaishi a travaillé main dans la main avec les équipes de Level-5 et les animateurs de Ghibli, de sorte que la musique épouse parfaitement les mouvements et la lumière du jeu.
Sa musique n’est pas un simple accompagnement : elle structure l’émotion du récit.
Quand Oliver quitte Motorville pour la première fois, le thème orchestral s’élève avec majesté, donnant au joueur le sentiment de vivre un véritable conte initiatique.
C’est cette alchimie entre narration, image et musique qui fait du premier Ni no Kuni une œuvre inoubliable.
Ni no Kuni II : L’Avènement d’un nouveau Royaume (2017)
Six ans plus tard, en 2017, sort Ni no Kuni II: Revenant Kingdom, toujours développé par Level-5, mais sans participation directe du Studio Ghibli (même si plusieurs anciens artistes du studio ont collaboré au projet).
L’univers visuel conserve la patte “Ghibli-esque”, mais l’histoire et le ton changent profondément.
Histoire et Univers
Cette fois, le héros est Evan Pettiwhisker Tildrum, un jeune roi à l’apparence féline, dont le royaume, Glueston, est renversé lors d’un coup d’État.
Aidée par un mystérieux visiteur du monde moderne, Roland, Evan s’enfuit et se lance dans une aventure pour fonder un nouveau royaume où règnent la paix et l’unité entre les peuples.
L’histoire prend une tournure plus politique et philosophique que celle du premier opus : il s’agit moins d’un voyage personnel que d’une odyssée de construction et de réconciliation.
Le jeu explore les thèmes de la responsabilité, de la foi dans les idéaux et du pouvoir juste, tout en conservant une atmosphère de conte.

Gameplay et Esthétiques
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Les combats sont désormais en temps réel, beaucoup plus dynamiques que dans le premier jeu.
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Le joueur peut contrôler directement plusieurs personnages et utiliser des capacités spéciales pendant les affrontements.
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Le système des Familiers est remplacé par celui des Higgledies, de petites créatures magiques qui assistent le joueur durant les combats.
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Une nouvelle mécanique de gestion de royaume fait son apparition : Evan doit recruter des citoyens, construire des bâtiments et développer son royaume, ce qui apporte une dimension stratégique au jeu.
Visuellement, Ni no Kuni II conserve la douceur et la richesse des décors du premier, mais avec une mise en scène plus fluide et des cinématiques plus modernes.
Le rôle de Joe Hisaishi dans Ni no Kuni II (2017)
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Contrairement à ce que certains pensent, Joe Hisaishi a bien participé à la création musicale de Ni no Kuni II, mais son implication a été beaucoup plus partielle que dans le premier épisode.
Ce qu'il fait ça :
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Il a composé les thèmes principaux du jeu, dont le thème d’ouverture et plusieurs morceaux majeurs liés à Evan et à l’aventure principale.
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Il a de nouveau travaillé avec le Tokyo Philharmonic Orchestra, assurant une continuité sonore et émotionnelle avec le premier jeu.
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Hisaishi a défini la direction musicale générale, posant la base du ton orchestral et épique.
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Ce qu'il ne fait pas ça :
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Contrairement au premier opus, il n’a pas composé l’ensemble des musiques. Une partie de la bande-son a été réalisée par l’équipe interne de Level-5.
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Son rôle a été plus consultatif et directionnel : il a donné la couleur émotionnelle, mais a laissé d’autres compositeurs développer la matière musicale quotidienne du jeu.
Une musique différente, mais toujours magique
Là où la musique du premier jeu accompagnait chaque battement de cœur d’Oliver, celle du deuxième se fait plus héroïque, plus aérienne, parfois moins intimiste.
Les thèmes principaux de Hisaishi, comme celui d’Evan, sont lumineux et nobles, traduisant la pureté de son idéal de paix. Mais l’absence d’une orchestration constante de sa main rend la bande-son un peu moins chargée émotionnellement que celle du premier opus.
Malgré cela, la signature Hisaishi est bien là : des harmonies claires, des cordes pleines de chaleur, et ce sens de la grandeur mélodique qui évoque toujours l’émerveillement et l’humanité.
