Longs métrages
Compositeur majeur de la musique de film japonaise, Joe Hisaishi a traversé plusieurs décennies de cinéma en façonnant des univers aussi différents qu’émouvants. Sa carrière s’articule autour de trois grands axes : sa collaboration mythique avec Hayao Miyazaki, son travail plus intimiste avec Takeshi Kitano, et ses créations variées pour d’autres réalisateurs.
Chacune de ces œuvres révèle une facette différente de son art : l’émerveillement, la mélancolie et la recherche d’un langage musical universel.
Les collaborations avec Hayao Miyazaki

1984 — Nausicaä de la Vallée du Vent
Premier grand tournant dans la carrière du compositeur. Hisaishi y mêle des sonorités électroniques et orchestrales, traduisant la dualité entre nature et technologie. La musique accompagne la quête pacifiste de Nausicaä avec des thèmes à la fois épiques et fragiles. Ce film marque le début d’une relation artistique profonde avec Miyazaki, fondée sur la sensibilité et la vision commune d’un monde harmonieux.
1986 — Le Château dans le Ciel
Hisaishi compose une partition grandiose et aérienne, mêlant percussions et envolées symphoniques. Le thème principal incarne la liberté et l’exploration, illustrant la recherche d’un idéal suspendu entre ciel et terre. C’est ici que son style orchestral s’affirme pleinement, entre lyrisme et précision.
1988 — Mon Voisin Totoro
Véritable hymne à l’enfance et à la nature. La musique, douce et candide, renforce la dimension magique du film. Les mélodies simples mais profondément expressives — notamment le célèbre thème de Totoro — sont devenues intemporelles, faisant de cette œuvre l’un des piliers de la culture populaire japonaise.
1992 — Porco Rosso
Changement de registre : des influences jazz et italiennes s’invitent dans la partition. Hisaishi traduit à merveille la mélancolie du héros, mi-aviateur mi-cochon, hanté par la guerre et ses souvenirs. C’est une musique à la fois élégante et nostalgique, empreinte d’un charme désuet.
2001 — Le Voyage de Chihiro
Hisaishi compose une musique mystérieuse et émotive, mêlant piano clair et orchestrations aériennes. Les thèmes suivent l’évolution de Chihiro, d’abord fragile puis plus assurée. « One Summer’s Day » incarne cette mue intérieure, entre innocence et maturité. Une partition qui rend tangible le monde des esprits et sa poésie invisible.
1989 — Kiki la Petite Sorcière
Ici, Hisaishi compose une bande originale pleine de vitalité, à l’image de son héroïne. Les orchestrations légères et les passages au piano traduisent la découverte du monde et la quête d’indépendance. C’est une musique du passage à l’âge adulte, délicate et optimiste.
1997 — Princesse Mononoké
Véritable fresque musicale. Hisaishi compose ici l’une de ses œuvres les plus puissantes. Les chœurs, les percussions et les cordes expriment la tension entre l’homme et la nature, tandis que les thèmes mélodiques incarnent la grandeur tragique du récit. L’ampleur orchestrale atteint un niveau rarement égalé dans le cinéma d’animation.
2004 — Le Château ambulant
Hisaishi revient à une écriture plus romantique, presque européenne. Le thème principal, « Merry-Go-Round of Life », est devenu emblématique : une valse élégante et mélancolique, symbole de l’amour, du temps et du mouvement. La musique accompagne chaque métamorphose du film avec une grâce envoûtante.
2008 — Ponyo sur la falaise
Partition lumineuse et aquatique, pleine d’énergie enfantine. Hisaishi joue sur les contrastes entre innocence et puissance orchestrale, offrant une atmosphère de conte marin. Le thème de Ponyo, chanté par des enfants, reflète parfaitement la joie et la spontanéité du film.
2013 — Le Vent se Lève
La bande-son adopte une élégance mélancolique, mêlant jazz doux et influences européennes. Les mélodies au piano accompagnent la passion de Jirō pour l’aviation, tout en reflétant les drames qui l’entourent. Une musique empreinte de nostalgie, à la fois lumineuse et délicatement tragique.
2013 — Le Conte de la Princesse Kaguya
Hisaishi choisit une écriture épurée, centrée sur le piano et des cordes légères. Cette simplicité met en valeur la grâce fragile de Kaguya et l’esthétique picturale du film. La musique oscille entre innocence et mélancolie, créant une atmosphère suspendue et intemporelle.
2023 — Le Garçon et le Héron
Dernière collaboration en date entre Hisaishi et Miyazaki. Sa musique, sobre et introspective, accompagne un film sur la perte et la résilience. Chaque note semble portée par une profonde maturité : une synthèse émotive de quarante ans de création commune.
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Les collaborations avec Takeshi Kitano
1991 — A Scene at the Sea
Film muet ou presque, porté par la musique. Hisaishi compose un thème central d’une douceur poignante, qui remplace les mots et devient le fil émotionnel de l’histoire. C’est le début d’une collaboration marquée par le silence et la retenue.
1993 — Sonatine
Polar contemplatif : la musique se fait discrète, souvent minimaliste, pour refléter la solitude et la violence froide du monde yakuza. Le piano et les cordes créent une tension intérieure, subtile mais constante.
1996 — Kids Return
Une œuvre sur la jeunesse perdue, les rêves brisés et l’amitié. Hisaishi y déploie une musique pleine d’élan et de nostalgie, alternant rythmes énergiques et passages mélodiques. Le thème principal est aujourd’hui considéré comme l’un de ses plus marquants.
1999 — Kikujiro
Œuvre lumineuse et tendre. La musique, centrée sur un motif répétitif et mélodique, reflète l’innocence d’un enfant et la bonté cachée derrière la rudesse du héros. Un équilibre parfait entre humour et émotion.
2002 — Dolls

1997 — Hana-bi
Chef-d’œuvre absolu de la collaboration Hisaishi-Kitano. La musique, à la fois mélancolique et apaisante, contrebalance la violence du film. Hisaishi compose au piano des thèmes d’une simplicité bouleversante, traduisant la beauté dans la douleur.
2000 — Brother
Film tourné aux États-Unis : la partition s’oriente vers un style plus occidental, mêlant percussions et tension dramatique. Hisaishi montre ici sa capacité à s’adapter à un cinéma plus brut et contemporain.
Dernier grand film de Kitano sur lequel Hisaishi travaille. La musique s’élève comme une poésie visuelle, ponctuée de silences et de motifs circulaires. C’est une conclusion magnifique à plus d’une décennie de collaboration fidèle et complice.
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Les autres longs métrages
2008 — Departures
Bien que sa contribution soit partielle, la sensibilité du compositeur se retrouve dans la douceur et la gravité du film, récompensé par l’Oscar du Meilleur Film Étranger.
2010 — Akunin (Villain)
Partition sobre et grave pour un drame humain. Hisaishi y exprime la douleur et la culpabilité à travers des harmonies retenues, presque silencieuses.
2019 — Les Enfants de la mer
Retour à l’animation. Hisaishi signe une musique à la fois cosmique et organique, entre piano et synthétiseur. Chaque morceau évoque l’immensité de l’océan et la connexion entre l’humain et la nature.
Ces projets parallèles montrent la polyvalence du compositeur, capable de passer d’une mélodie enfantine à une œuvre symphonique, d’un drame urbain à un conte poétique. Sa musique, toujours sincère, agit comme un miroir des émotions humaines.
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Les réalisations de Joe Hisaishi
Au-delà de son rôle de compositeur, Joe Hisaishi s’est également essayé à la réalisation, cherchant à unir musique et image dans une même respiration artistique. Ses films, profondément personnels, traduisent son regard sur le temps, la mémoire et l’humanité. En tant que réalisateur, il explore un langage visuel qui prolonge son univers musical : poétique, contemplatif et toujours empreint d’émotion.
2001 — Quartet
Premier long métrage réalisé par Hisaishi, Quartet raconte l’histoire de quatre musiciens réunis par la passion mais confrontés à leurs échecs personnels. La mise en scène, délicate et pudique, met en valeur le pouvoir unificateur de la musique. Hisaishi y combine ses deux identités — compositeur et cinéaste — pour offrir une œuvre sincère sur la résilience et le partage artistique.
La bande originale, bien sûr signée par lui, accompagne le récit avec retenue et douceur, traduisant cette quête de sens et d’harmonie que l’on retrouve dans toute sa carrière.
Projets orchestraux et ciné-concerts
Hisaishi a également réalisé plusieurs captations et mises en scène de ses propres concerts, notamment Joe Hisaishi in Budokan (2008) et Symphonic Suite: Princess Mononoke (2020). Ces œuvres filmées, plus que de simples performances, sont pensées comme de véritables expériences cinématographiques : lumière, rythme et mise en espace deviennent des prolongements naturels de sa musique.
À travers ces réalisations, il poursuit son rêve d’un art total, où chaque note trouve une image, et chaque image, une mélodie.
Projets ciné-concerts : Budokan (2008), World Dream Orchestra (2019)
Filmations de concerts conçus par Hisaishi. La musique live devient narration visuelle : lumière, mouvement et sons se fondent pour créer une œuvre audiovisuelle complète.
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